Figure de pouvoir Nkishi, Songye République Démocratique du - Lot 375

Lot n° 375
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Estimation :
6000 - 8000 EUR
Figure de pouvoir Nkishi, Songye République Démocratique du - Lot 375
Figure de pouvoir Nkishi, Songye République Démocratique du Congo Début du XXe siècle Bois sculpté, cauris, cuir et perles, tissus, peau H. : 33 cm Provenances : Collection Leo Meurrens, Louvain (1905-1966) Collection Pierre Dartevelle, Bruxelles Collection particulière, New York Note : Voir ouvrage François Neyt (L’univers Songye) pour la symbolique de l’ornementation, et la classification d’appartenance stylistique selon la physionomie. Habitée d’une force, d’une puissance, d’un souffle inégalé, la statuaire Songye tout aussi fascinante dans sa forme que redoutable par sa beauté associée aux croyances magico-religieuses suscite lors de ses premiers contacts avec les européens, la méfiance, la crainte et l’admiration. Dès le XIX° siècle des artistes comme Paul Gauguin, Georges Braque ont commencé à en apprécier l’extraordinaire créativité alliée à une puissance formelle. Vivants sur un vaste territoire entre sankuru à l’Ouest et le lualaba à l’est. La plus grande concentration Songye se trouve dans l’actuel province du Kasai oriental, occupant également des parties des Provinces du Katanga et du Kivu, les Songye ne constituent pas une entité socioculturelle homogène, se subdivisant en plusieurs groupes linguistiques et culturels ils sont essentiellement organisés autour de chefferies. Croyants aux liens entre le monde des humains et celui des esprits, par le pouvoir mystique de la chefferie (Daniel Bieduyck, 1992, p.27), animés par des idéaux magico-religieux, ils façonnent une statuaire qui sera à la fois effigie de pouvoir aux attributs des rois, et intermédiaire entre ces deux pôles. De nature religieuse et porteuses de références politiques cette statuaire aux connotations surnaturelles par sa forme, ses ornements, permettait aux humains d’entretenir un lien avec le monde spirituel. De petites taille les statues songye étaient destinées à servir les intérêts particuliers, uniquement manipulée par le sorcier dans un cadre privé, elles étaient liées à la procréation, à la protection contre les maladies, à la sorcellerie. D’après Hersak (1986), elles se distinguent des autres objets magiques songyé car ce sont des instruments permettant d’interagir avec des esprits supérieurs associés aux ancêtres. Les mythes Songye racontent que le nganga – spécialiste rituel aux pouvoirs protecteurs et thérapeutiques – a été conçu par le dieu Efile pour aider les hommes à lutter contre les esprits maléfiques. C’est lui qui confectionne les composantes magiques nommées bishimba, incorporées ici dans la corne, dans le buste et accumulées sur l’abdomen. De l’efficacité de ces médecines dépend la valeur du nkisi. Leur pouvoir réel dérivé des bishima, substances dissimulées composées d’ingrédients « qui fournissent le contenu agressif capable de neutraliser la source d’action malveillante. » (Hersak, 1995, pp. 345-347). Ce remarquable exemplaire ayant appartenu à Pierre Dartevelle, exalte la force contenue par son expressivité, vibre d’une force de présence retentissante conférée, par son étrangeté caractéristique de la statuaire Songye, par la brillance de sa patine brune, profonde, par ses éléments d’ornements recélant de pouvoirs, témoignant de sa capacité à détourner les esprits malveillants. Invariablement manipulées par un sorcier expérimenté, elle est richement parée d’attributs caractéristiques de chefs, de guerriers ou de chasseurs, trois rangs sociaux particulièrement respectés puisqu’essentiels à la survie de la communauté. « Apprends que chaque symbole recèle un sens, deux sens ou même plusieurs. Diurnes ou nocturnes peuvent être ces sens. Les diurnes sont fastes, les nocturnes sont néfastes. » Amadou-Hampaté Ba. Comme Nyet l’indique, le révèle et l’explique chaque symbole, chaque traits, chaque gestuelle n’est aucunement un hasard, ou une liberté formelle issue de l’imaginaire du sculpteur, chaque forme, chaque détail porte un sens symbolique fort. La gestuelle de la communication, le regard et la parole traduisent une symbolique magique. Son visage anguleux, aux traits et lignes saillants, au nez épaté inscrit dans un triangle, est marqué par une mâchoire prognathe en relief. A la rigueur de ses lignes strictes s’oppose la douceur des courbes délimitant les arcades sourcilières et le front en relief, l’ensemble accentuant la portée du regard signifié par deux grands cauris. « L’œil en forme de cauris est une allusion explicite au mythe fodateur des Kalebwe et à leur séjour près du lac Moero, il est manifestement lié au pouvoir et à la magie ; ce coquillage tiré de l’eau, le relie aux génies de la nuit. » (François Nyet, Songye, Editions 5 continents, p.290). Les yeux en cauris ne représentent que 11 pour cet de la statuaire Songye d’après les analyses de François Nyet. « Les yeux mi-clos r
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