Figure rituelle placée dans la structure du toit de la maiso - Lot 370

Lot n° 370
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Figure rituelle placée dans la structure du toit de la maiso - Lot 370
Figure rituelle placée dans la structure du toit de la maison cérémonielle, Population Nggala, Haut Sepik, Papouasie-Nouvelle-Guinée Début du XXe siècle Bois sculpté et pigments H. : 119 cm Provenances : Collecté par Wayne Heathcote vers 1974 Collection Douglas Newton (1920-2001), New York Collection Marcia & John Friede (Jolika), New York Lempertz, Bruxelles, Sept 2021 lot 179 Littérature pour un exemplaire similaire : Douglas Newton, Crocodile and Cassowary, New York, 1971, p. 42, fig. 68. Les maisons constituent, avec les embarcations, les plus importantes réalisations matérielles des populations océaniennes. Dans la vallée du Sépik, des hommes construisent encore, avec des méthodes traditionnelles, de très vastes édifices qui, par l’intermédiaire des matériaux utilisés, sont une émanation des esprits ancestraux. Les Iatmul particulièrement connus pour être de grands architectes, bâtisseurs d’édifices prestigieux qui s’élèvent sur les rives du fleuve, construisent d’imposantes maisons cérémonielles autrefois uniquement réservées aux seuls hommes initiés, mesurant en moyenne 25 mètres de longueur sur 8 de largeur (Nguyen van Huyen, 1934 : 75-78, Guerreiro, 1997 : 1131-1134, in Revue d’ethnobiologie, 2000-20004, vol. 42 : 147-164, Christian Coiffier et Catherine Orliac) A leur taille imposante, à leur accès limité et réservé, répond la puissance de leur symbolique, et l’importance de leur rôle centralisateur de la communauté ; fonctionnant tels que de petit parlement, chaque groupe de la société y était représenté. Symboliquement et analogiquement la charpente de la maison s’apparente au squelette humain ou animal, représentant idéalement l’ensemble de la communauté perçue comme un corps de femme ou de crocodile femelle. La charpente de la maison repose donc sur ces piliers qui représentent les os des ancêtres maternels des divers clans constituant la communauté. Les grands piliers latéraux (katkat kwala) supportant la toiture sont considérés comme mâle alors que les petits (lulungue kwala) supportant la plateforme intérieure sont considérés comme femelle et les sœurs des précédents. La matière importe et signifie tout autant que la forme en effet ; « Selon la conception du monde des Iatmul, les humains sont les descendants des arbres et des animaux, car il n’y a pas de frontière formelle entre ce que nous appelons règne minéral, animal et végétal. Ces deux variétés de ligneux sont ainsi considérées respectivement comme les ancêtres des clans iatmul. Dans leurs généalogies, la mère de miamba s’appelle Kandjindawa. Elle est la sœur cadette de Ndemanagwi, la mère de l’arbre kwarap (Intsia bijuga), le second bois d’œuvre utilisé pour les constructions de prestige. » p156 Organisées selon des codes pré établis, l’intérieur de la maison cérémonielle concentrait des symboles, des objets. Dans la soupente, y étaient dissimulés les objets les plus précieux appartennant à chacun des clans : longues flûtes de bambou, rhombes, masques en vannerie, tambours divers, flambeaux, lances de guerre. Cette œuvre recueillie par Douglas Newton, a un caractère distinct, particulier, élevé et central par rapport aux autres objets précieusement conservés au sein de la maison. Au cœur de la maison cérémonielle ce crochet, était comme indiqué dans ses notes (Crocodile and Cassowary (p. 34) fixé à l’intérieur du sommet du toit. Réprésentant manyura, une vigne épineuse utilisée pour la sorcellerie et la guérison, il était privilégié chez les Nggala. Rare autant que cette population composée d’environ 140 personnes, cannibales et chasseurs de têtes, vivant dans un seul village à la jonction d’une voie navigable qui coule entre le Sepik lui-même et un point à quelques kilomètres en amont de la rivière April, et un autre qui, courant directement à l’est et à l’ouest, se connecte à l’extrémité ouest d’une voie navigable par les monts Hunstein. En plus d’être le nom du peuple, Nggala est aussi le nom du village lui-même. A sa rareté, à son pouvoir guérisseur, à sa place au sein de la structure en lévitation, en élévation, répond sa singulière beauté, étiré tout en verticalité, la dynamique du crochet rendue par la succession de formes arqués plongeantes vers le sol, représentants probablement métaphoriquement les épines de la lante vertueuse représentée. D’une poésie épurée, d’une élégante sobriété, cette œuvre s’apprécie tant pour sa rareté que pour le pouvoir de guérir et donc sa symbolique de protection dont elle était investie.
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