France, XIXe siècle, d’après Jean-Baptiste Pigalle - Lot 196

Lot n° 196
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Estimation :
5000 - 8000 EUR
France, XIXe siècle, d’après Jean-Baptiste Pigalle - Lot 196
France, XIXe siècle, d’après Jean-Baptiste Pigalle Fillette à l’oiseau et à la pomme marbre blanc ; portant la signature et la date PIGALLE. 1784 44 cm x 33 cm x 37 cm (petits manques et restaurations aux pieds) C’est en 1749, que Jean Pâris de Montmartel (1690-1766), financier de l’état et parrain de Madame de Pompadour, commande à Pigalle le portrait de son fils unique, Armand-Louis Joseph Pâris de Montmartel (1748-1781), futur marquis de Brunoy, alors agé d'un an. Le marbre de l’Enfant à la cage sera exposé au Salon en 1750 (musée du Louvre, inv. n° RF 654). Pigalle rachète la sculpture à la vente du marquis de Brunoy en 1776, pour créer trente-cinq ans plus tard son pendant avec La Fillette à l'oiseau et à la pomme (Louvre, inv. n° RF1511) : ‘Je l’ai vu entreprendre et réussir à faire le pendant de cet Enfant à la cage’, écrit en 1786 Mopinot, biographe de Pigalle, qui a assisté à l’évolution du sujet dans l’oeuvre de l’artiste. Moins célèbre que l’Enfant à la cage, - dont la valeur fut estimée deux fois plus élevée à l’époque -, la statuette de la fillette se distingue par son réalisme : on remarque les plis du cou, les fossettes des reins, les jambes potelées, ainsi qu’un sourire émerveillé. L’oeuvre séduit par la qualité de son modelé, sa simplicité et la sincérité de son exécution. L’oiseau et la pomme, des attributs à portée symbolique, mettent en scène un jeu enfantin qui nuance la lecture morale ou grivoise qu’on aurait pu en tirer. La Fillette à l’oiseau et à la pomme témoigne du regain d’énergie créatrice de Pigalle dans les dernières années de sa vie, animé sans doute par le désir de prouver à ses détracteurs que son génie n’avait rien perdu de sa vigueur. Outre le marbre autographe au musée du Louvre, selon Gaborit, seuls deux autres versions de la main de l’artiste sont connues, l’une mentionnée dans une collection privée anglaise, une autre se trouverait dans une collection parisienne, acquise à la vente Valpinçon, 7 mars 1881, lot 58 (cf. J.R. Gaborit, op.cit.p. 54). Le marbre présenté ici est une jolie version tardive, réalisée par un suiveur de Pigalle au XIXe siècle, similaire à la Fillette à l’oiseau au musée Carouste Gulbenkian, à Lisbonne (inv. n° 353). Références bibliographiques A.-R. Mopinot de La Chapotte, Eloge historique de Pigal, célèbre sculpteur suivi d’un mémoire sur la sculpture en France, Londres, Paris ( ?), 1786, p. 11. S. Rocheblave, ‘L’Enfant à l’oiseau de Pigalle au musée du Louvre’, dans Les Musées de France, 1911, pp. 50 - 52. L. Réau, Jean-Baptiste Pigalle, Paris, 1950, pp. 106-107, cat. n° 37. J.-R. Gaborit, Jean-Baptiste Pigalle. Sculptures du Musée du Louvre, Paris, 1985, pp. 52 - 55. M. Bückling (éd.), Liaisons dangereuses, Gefährliche Liebschaften. Die Kunst des französischen Rokoko, cat. exp. Liebieghaus Skulpturensammlung, Francfort am Main, 2015, p. 185-199, 200, 202, fig. 96, et p. 202-203, n° 53. G. Scherf, ‘Le portrait sculpté d'enfant : un genre nouveau en France au XVIIIe siècle’, Péristyles. Actes du colloque L'enfant dans la ville et dans l'art au XVIIIe siècle, n° 26, 2005, p. 89-98, p. 90-91.
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