Masque Dogon Mali - Lot 368

Lot n° 368
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Estimation :
3000 - 4000 EUR
Masque Dogon Mali - Lot 368
Masque Dogon Mali Bois érodé Dimensions : H. : 29 cm - L. : 15 cm Provenances : Collection Jean-Pierre Laprugne acquit il y a trente ans auprès de ce dernier par l’actuel propriétaire Collection Pierre Robin Le masque Walu, avec son bois profondément raviné, évoque un lien organique et spirituel avec l’architecture Dogon, comme l’a brillamment observé Hans Guggenheim dans son article La technologie invisible (Hans Guggenheim, La technologie invisible, Revue Tiers Monde, Année 1978 pp. 171-177). Le bois patiné et usé, aux formes anguleuses et aux reliefs marqués, creusés semble dialoguer avec les structures de terre et de pierre qui caractérisent les villages et paysages Dogon. Tout comme les maisons Dogon, qui naissent de la terre et s’intègrent parfaitement à leur environnement naturel, le Walu présente une forme hérissée, marquée par le passage du temps et l’usage rituel. Les ravines du bois, patinées par les siècles, rappellent les surfaces texturées des maisons troglodytes ou des habitations à toits de chaume, où les structures sont en constante évolution, modelées par la cosmogonie Dogon et l’interaction avec le paysage. Dans cette comparaison, le masque ne se contente pas de représenter un simple objet rituel ; il incarne un espace sacré, tout comme l’architecture Dogon, qui est conçue pour manifester un ordre cosmique visible à travers la matérialité. Le bois raviné, avec ses courbes et ses fissures, reflète ainsi une philosophie Dogon de l’impermanence, de la transformation et de l’harmonie entre l’humain, le spirituel et la nature. Le Walu porteur forte symbolique, de forme géométrique en son sommet porte traditionnellement deux cornes élancées vers le ciel qui évoquent l’ascension sont un avec les forces divines et spirituelles. Conçu pour assurer la continuité de l’équilibre spirituel, ses cornes s’élevant vers le ciel ont ici disparu, mais leur existence passées subsiste, par les éléments excroissants ayant perdurés, au sommet du crane. Son rôle d’intermédiaire entre les mondes humains et spirituels le place au cœur de la transmission initiatique et des rites funéraires, notamment lors des Dama — les cérémonies funéraires et initiatiques qui permettent aux âmes des ancêtres de rejoindre l’au-delà, dans le respect des lois cosmiques et de l’ordre spirituel. La beauté de son bois raviné, telle les roches des falaises, telles de rides du temps passées vivifient le masque d’une touchante prestance, d’une belle poésie.
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