Meiffren Conte (vers 1630 Marseille 1705) - Lot 191

Lot n° 191
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Meiffren Conte (vers 1630 Marseille 1705) - Lot 191
Meiffren Conte (vers 1630 Marseille 1705) Nature morte aux aiguières, armures, et brûle-parfum Huile sur toile H. 114 cm x L. 144 cm Provenance : Collection particulière, Paris Bibliographie : Michel Faré, Le grand siècle de la nature morte en France, le XVIIè siècle, Société française du Livre, Paris, 1974, reproduit p. 234 Notre composition d’Armures, aiguières et brûle-parfum est tout à fait caractéristique des œuvres de Meiffren Conte, où l’on retrouve sur un entablement, et le plus souvent sur un fond sombre, un savant amoncellement d’orfèvrerie et d’objets précieux. C’est en effet dans la représentation de riches étoffes et tapis, dans la lignée des compositions du Maltais, de coquillages des mers lointaines, porcelaines de Chine, et bien entendu de vases, brûle-parfums et aiguières en argent et vermeil somptueusement ciselés que notre artiste se spécialisa. Durant toute sa carrière, une riche clientèle lui commanda de telles compositions, qu’il parvint toujours à renouveler, même s’il reprit plusieurs fois certains objets qu’il aimait particulièrement. Ses œuvres restent par ailleurs de précieux témoignages des pièces européennes présentes à la Cour de Louis XIV, aujourd’hui disparues et uniquement connues par leurs mentions dans l’inventaire des collections du Mobilier Royal. C’est notamment le cas de l’un des douze grands flambeaux d’argent appartenant à la série dessinée par le Brun et représentant les travaux d’Hercule (Guiffrey, 1885, I, p. 79) et qui est fidèlement reproduit dans plusieurs de ses compositions. Un important fonds de gravures lui servit probablement de répertoire de formes, mais c’est surtout grâce à ses liens avec les artistes des Gobelins, dont son fils Sauveur qui travailla avec Van der Meulen et le Brun, que Conte put connaître certaines des pièces appartenant à la Cour. Le très beau jeu sur le clair-obscur, l’ampleur décorative des compositions, la diversité et le rendu des matières précieuses, firent de Meiffren Conte un artiste très en vogue de son vivant, et qui provoqua un réel engouement pour les grandes natures mortes d’apparat. Mariette lui consacra quelques lignes dans son Abécédario : « Il a excellé dans la représentation des tapis, des armures et des ouvrages d’orfèvrerie qu’il a traités en peinture dans un extrême degré de vérité... » (1854-56, tome III, p. 114)
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