Claude-Joseph Vernet (Avignon 1714-1789 Paris) - Lot 288

Lot n° 288
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Estimation :
12000 - 15000 EUR
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Résultat : 16 900EUR
Claude-Joseph Vernet (Avignon 1714-1789 Paris) - Lot 288
Claude-Joseph Vernet (Avignon 1714-1789 Paris) Le retour de pêche Huile sur toile (toile d'origine) 42 x 32 cm . Signé en bas à droite : J. Vernet OEuvres en rapport : - Ill.1. Retour de la pêche, eau-forte, 30.5 x 21.8 cm ., New-York, the Metropolitan Museum, inv. 60.634.63. - Ill.2. Pêcheurs à la ligne, huile sur toile, 40,5 x 32 cm ., signé et daté «j. vernet f. 1788», Quimper, Musée des Beaux-Arts, inv. 893-1-24. - Ill.3. Pêcheur près d'une cascade, huile sur toile, 40,5 x 32 cm ., signé et daté «j. vernet f. 1780», Paris, vente Rieunier (Hôtel Drouot), 13 juin 2007, lot 13, vendu 41.000 euros. Notre charmant «Retour de pêche» est un parfait exemple de la production de tableautins destinés à une clientèle privée que Vernet produisit dans les dernières années de sa vie. Selon le Pr. Emily Beck-Saiello, cette production nait au moment de la conception de son grand cycle des «Ports de France» (1753-1765) : «L'itinérance du peintre (entraînant des changements fréquents de villes et d'ateliers), les retards de la Trésorerie royale en matière paiement et la forte sollicitation de la clientèle dans les différentes villes du royaume, amenèrent Vernet à réaliser des tableaux pour une clientèle bourgeoise, locale, selon un calendrier serré. Joseph Vernet jouissait alors d'une renommée internationale, qu'il s'était constituée en Italie, auprès des voyageurs du Grand Tour, et que la commande royale n'avait fait qu'amplifier. C'est la raison pour laquelle la plupart des oeuvres datant de la période française sont signées - un tableau de Vernet étant, pour son propriétaire, un véritable «marqueur social». L'intérêt de notre tableau est d'offrir un instantané de la vie d'une famille de pêcheurs sur les bords de Méditerranée, dans une fin d'après-midi paisible : la pêche a été bonne, le panier est alourdi par le poids des poissons, la femme et le fils du pêcheur s'en réjouissent et s'apprêtent à le charger sur le dos de leur âne. Ce genre de scènes quo tidiennes constitue une part moins connue et plus rare que les tempêtes, les marines et les cascades à Tivoli. Après l'exposition des «Ports de France» au Salon (à partir de 1755 et jusqu'à 1765), le graveur Jacques-Philippe Le Bas publia en 1767 une série d'estampes qui permit de populariser quelques-unes des figures les plus pittoresques de la série. Vernet lui-même s'essaya à la gravure et choisit d'ailleurs d'illustrer un «retour de pêche» (ill.1.). Le Pr. Emily Beck-Saiello connaissait une copie de notre tableau en sens inverse, sous-entendant que notre oeuvre fut gravée, preuve de son succès. Il est envisageable que ces tableautins fussent présentés en paire, pour augmenter leur caractère décoratif : un pendant probable de notre tableau peut être trouvé à Quimper (ill.2), à moins qu'il ne s'agisse d'un tableau offert sur le marché en 2007 (ill.3). Nous remercions le Pr. Emily Beck-Saiello, spécialiste de l'artiste, de nous avoir confirmé l'attribution dans un écrit en date de 2024, et de nous avoir renseigné sur le contexte de création de notre oeuvre.
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