IMPORTANT FRAGMENT PROVENANT DU MANTEAU UTILISÉ PAR L'EMPERE - Lot 249

Lot n° 249
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Estimation :
100000 - 120000 EUR
IMPORTANT FRAGMENT PROVENANT DU MANTEAU UTILISÉ PAR L'EMPERE - Lot 249
IMPORTANT FRAGMENT PROVENANT DU MANTEAU UTILISÉ PAR L'EMPEREUR NICOLAS II (1868-1918), LORS DES FESTIVITÉS DE SON SACRE CÉLÉBRÉES À MOSCOU, LE 14 MAI 1896. Pièce d'étoffe en brocart de soie, brochée en fils d'or et en fils d'argent ornée au centre de l'aigle bicéphale de la Maison Impériale des Romanoff en fils de soie polychromes. Conservée sous verre dans son encadrement d'origine en bois sculpté à décor polychrome présenté sur fond d'un manteau d'hermine et surmonté de la couronne impériale de Russie. Sur la partie basse apparaît une plaque portant l'inscription : « Étoffe du manteau impérial porté par S.M. Nicolas II, empereur de Russie à son couronnement à Moscou le 14/26 mai 1896 ». L'encadrement a été réalisé par la Maison Tardif, 9 rue du 29-Juillet à Paris, comme l'indique l'étiquette au revers. Usures du temps, petits accidents et manques au cadre, mais bon état général. À vue : H. : 43,5 cm - L. : 39 cm. Cadre : H. : 93,5 cm - L. : 72 cm. Par sa rareté cet élément est une pièce historique d'une grande importance. Il est le symbole de la puissance impériale, de son sacrement et de sa chute après trois cents ans de règne sur la Russie. Historique : l'usage du manteau impérial (ou cape) pour vêtir l'empereur « en gloire et en toute légitimité » reste constant de règne en règne dans l'histoire de la Russie impériale, mais chaque couronnement exige de nouveaux manteaux. Lors du règne de Nicolas II, dernier tsar de toutes les Russies, trois manteaux identiques furent réalisés, l'un pour lui, le second pour son épouse, l'impératrice Alexandra Féodorovna et le dernier pour sa mère l'impératrice Douairière, Maria Feodorovna. Ils furent réalisés d'après un dessin exécuté par A. Trombitsky à Saint-Pétersbourg, mais assemblés à Moscou, par la fameuse couturière de la cour impériale, Olga Bulbenkova (1835-1918), qui fut d'ailleurs la première créatrice de mode russe. Ce lourd brocard tissé d'or et d'aigles bicéphales noirs agrémentés des blasons des principales villes de la Russie, dont celui de la ville de Saint-Pétersbourg qui apparaît au centre entouré du grand collier de l'ordre de Saint-André est l'oeuvre de la manufacture Sapoznikhov. Chaque aigle fut délicatement cousu à la main et une fois assemblé fut doublé de soie blanche et bordé de fourrures d'hermines fournies par le fourreur Paul Sorokumovsky de Saint-Pétersbourg. Pour l'ornement des bordures des trois manteaux, 897 fourrures d'hermine furent nécessaires. Durant la procession, les pages utilisaient des petites courroies en soie cachées sous les bordures d'hermine : trois de chaque côté et une à l'extrémité afin de manoeuvrer ces manteaux qui pesaient chacun plus de 12 kilos. Avant la cérémonie officielle, les Regalia furent transportés en grande pompe de la salle du Trésor au Palais du Kremlin, où ils furent exposés dans la salle de l'Ordre de Saint-André (illustration 1). Pour le bon déroulement de la cérémonie, plusieurs essayages et aménagements furent nécessaires pour que le tsar, son épouse et sa mère puissent être le plus possible à l'aise en les portant. Greg King et Janet Ashton, dans leur livre A life for the tsar, racontent que dans ses mémoires le comte Keller chargé de l'organisation de la cérémonie, avait entraîné les jeunes élèves du Corps des Pages, à manoeuvrer et à disposer les lourds manteaux impériaux. « Alexandre Mandryk jouait le rôle de Nicolas II, le comte Alexis Ignatieff représentait Alexandra et Boris Engelhardt, l'impératrice douairière. Drapés dans des robes de toile épaisse, longues de plusieurs mètres comme les manteaux impériaux, ils traversaient les pièces et montaient et descendaient les escaliers tandis que leurs camarades s'entraînaient à porter les encombrants tissus autour des portes et à travers les étages ». Selon le protocole instauré à la cour depuis le règne de Pierre le Grand, une fois que l'empereur porte sur ses épaules le manteau impérial entouré des grands-ducs (illustration 2) il reçoit la bénédiction du métropolite (illustration 3), puis la couronne impériale lui est présentée et il la place lui-même sur sa tête. C'est alors que l'empereur se tourne vers son épouse et dépose sur sa tête la petite couronne dite des impératrices commandée à l'origine par l'impératrice Catherine II (illustration 5). Puis le couple sort de la cathédrale et se présente à la foule en haut du grand escalier (illustration 7). Puis l'empereur quitte la cathédrale de l'Assomption et traverse sous un grand dais la cour du Kremlin. (Illustration 6) Les manteaux ne furent ensuite que très rarement utilisés par le tsar et la tsarine. Pour les portraits officiels et surtout en 1905 à l'occasion de l'ouverture de la première Douma, où le manteau impérial fut posé sur le trône derrière le tsar et lors des cérémonies du tricentenaire des Romanoff en 1913, le
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