Manufacture Impériale de tapisserie de Saint Pétersbourg

Lot 254
20 000 - 30 000 €

Manufacture Impériale de tapisserie de Saint Pétersbourg

Le Roi porté par deux maures
Tapisserie en laine et soie de la tenture des Anciennes Indes d'après les cartons d'Abert Eckhout et Frans Post.
Bordure cadre à frise de godrons et mascarons en écoincons, cartouche monogrammé E.P sous couronne impériale pour
Elizaveta Petrovna, Elisabeth Ire de Russie.
Vers 1741-1746.
H.:3.20m; L.:3.20m
Chaines de trame fragilisées, accidents, rentrayages du XIXe siècle, en l'état.
On connaît bien la volonté qu'eut Pierre le Grand de faire de la Russie un empire «moderne» et de sa nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg, fondée en 1703, une «fenêtre ouverte sur l'Europe»... Dans ce processus, le premier voyage qu'il fit en
Europe occidentale à la fin du XVIIe siècle fut certes décisif pour conforter cette volonté, mais le deuxième, en 1717, et notamment à Paris, d'avril à juin, fut plus productif, et riche de conséquences réelles en Russie.
Le 12 mai 1717, le tsar devait par exemple faire sa première visite à la manufacture des Gobelins, pour lui un des lieux les plus marquants de son séjour. Accueilli par le duc d'Antin, directeur des Bâtiments du roi, accompagné de Robert de Cotte, premier architecte de Sa Majesté, intendant général des jardins et manufactures, Pierre Ier fut ébloui par la qualité du travail des ouvriers, qui lui donna le désir de poursuivre à Saint-Pétersbourg les efforts déjà engagés pour y créer une manufacture russe de tapisserie. Dès 1715-1716, en effet, le Suisse Lefort avait fait engager en France des maîtres lissiers qui étaient arrivés en Russie au début de 1717, dans l'équipe des artisans accompagnant l'architecte Le Blond.
L'empereur auquel on proposa de choisir des tapisseries que le roi désirait lui offrir porta son choix sur une tenture de quatre pièces d'après des sujets de Jouvenet (encore aujourd'hui au musée de l'Ermitage), ainsi qu'une autre de huit pièces, la tenture dite des «Anciennes» Indes, dont les cartons avaient été faits d'après les tableaux d'Albert Eckhout envoyés à Louis
XIV en 1679 par le prince Jean-Maurice de Nassau-Siegen, gouverneur hollandais du «Pernambouc (Brésil)».
C'est lors de la deuxième visite du tsar aux Gobelins, le 15 mai 1717, que lui firent remis ces cadeaux diplomatiques qu'il remporta en Russie avec lui afin qu'ils servent de modèle, en qualité ou en sujet, aux maîtres lissiers de la nouvelle manufacture tapisserie de Saint-Pétersbourg, qui ne purent réellement commencer à produire des ouvrages qu'à partir de 1720, lorsque les difficultés techniques eurent été résolues.
C'est cette série qui fut copiée plus tard à Saint-Pétersbourg, entre 1732 et 1746, et dont les archives mentionnent en tout dix-huit pièces, dont une partie fut employée pour décorer la salle dite «d'Assemblée» de l'aile nord-est du palais de Monplaisir à Peterhof, où elles sont encore conservées.
Y figure notamment un autre exemple de notre sujet «Roi porté par deux Maures». (Lequel sera plus tard transformé par Desportes dans la série dite des «Nouvelles» Indes, tissée aux Gobelins à partir de 1740, en «Négresse portée dans un hamac»). Comme notre exemple, il porte dans la bordure supérieure le chiffre «EP» pour Elizaveta Petrovna, fille de Pierre le Grand, montée sur le trône de Russie en 1741 sous le nom d'Elisabeth Ire.
Emmanuel Ducamp
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